Panneaux Solaires

2026 : Le photovoltaïque se cherche une nouvelle innocence

José Claurint

José Claurint

15 janvier 2026

2026 : Le photovoltaïque se cherche une nouvelle innocence

Janvier 2026. Une nouvelle année commence, et avec elle, son cortège de promesses photovoltaïques. Des cellules pérovskites qui atteignent 34% de rendement. Des batteries fer-air capables de stocker l'électricité pendant 100 heures. L'autoconsommation devenue prioritaire. On nous promet, une fois de plus, que cette fois-ci, ce sera différent.

Sauf que moi, José Claurint, observateur lucide et provocateur de cette transition énergétique qui nous échappe autant qu'elle nous obsède, je me permets de douter. Profondément. Mélancoliquement. Authentiquement.

La pérovskite, ou le nouveau graal qui ne changera rien

Ah, la pérovskite ! Ce matériau miracle dont on nous rebat les oreilles. 34% de rendement énergétique, vous imaginez ? Les premières versions commerciales arrivent cette année, paraît-il. C'est magnifique. C'est révolutionnaire. C'est... prévisible.

Parce que voilà ce qu'on ne vous dit pas : les cellules pérovskites viennent simplement remplacer les anciennes promesses. Vous vous souvenez du silicium ? Puis des panneaux bifaciaux ? Puis de la technologie TOPCon qui devait capturer 70% du marché ? Eh bien maintenant, c'est la pérovskite qui prend le relais dans cette course infinie à l'innovation qui ne sert qu'à entretenir l'illusion du progrès.

Et pendant ce temps, qu'est-ce qui change vraiment ? On continue de produire, de consommer, de remplacer. On crée de l'obsolescence programmée au nom de l'efficacité énergétique. On détruit des panneaux encore fonctionnels parce qu'ils n'atteignent "que" 20% de rendement au lieu de 34%.

L'autoconsommation, nouvelle injonction verte

2026 consacre l'autoconsommation comme prioritaire. De plus en plus de projets sont conçus sans objectif de revente, nous dit-on fièrement. L'énergie solaire est destinée à être consommée sur place. Comme si c'était un progrès.

Sauf que cette "autoconsommation prioritaire", c'est juste un nouveau nom pour un vieux problème : l'État ne veut plus payer. Les tarifs d'achat d'électricité sont rabotés. Les subventions diminuent. Le guichet ouvert cède la place aux appels d'offres. Et on présente ça comme une évolution vers "une filière moins dépendante des subventions".

Traduction : vous installez des panneaux solaires ? Tant mieux pour vous. Mais ne comptez plus sur la collectivité pour rentabiliser votre investissement. Consommez votre propre production, et démerdez-vous avec le reste.

Le couplage batteries : la nouvelle tyrannie technologique

Et puisque vous devez autoconsommer, il vous faut maintenant des batteries. Parce que le soleil, cette chose capricieuse, ne brille pas quand vous en avez besoin. Alors on vous vend des batteries lithium-ion, sodium-ion, fer-air. Des technologies "innovantes" qui vont "révolutionner" le stockage.

Sauf que ces batteries, elles coûtent cher. Très cher. Et elles s'usent. Et elles contiennent des métaux rares. Et leur recyclage reste problématique. Mais ça, on ne vous le dit pas trop fort. On préfère vous parler de "stockage jusqu'à 100 heures" et de "technologies plus sûres".

Le problème n'est pas dans la technologie. Le problème est qu'on vous impose une dépendance à cette technologie. Vous n'êtes plus libres de choisir. Vous devez autoconsommer, donc vous devez avoir des batteries, donc vous devez investir, donc vous devez consommer.

La vraie mutation de 2026 : vers une filière sans filet

On nous dit que "2026 se dessine comme une mutation profonde vers une filière moins dépendante des subventions". C'est beau comme formule. Ça sonne comme un progrès, une maturité, une autonomie enfin conquise.

Mais la réalité, c'est que cette mutation, c'est surtout un abandon. L'État se désengage. Les citoyens doivent assumer seuls leur transition énergétique. Et ceux qui n'ont pas les moyens ? Tant pis pour eux. La transition énergétique devient un privilège de classe.

Parce que même avec la baisse des prix, même avec les "innovations technologiques", installer un système photovoltaïque avec batteries en 2026, ça représente un investissement considérable. Plusieurs dizaines de milliers d'euros. Que seules les classes moyennes supérieures et aisées peuvent se permettre.

L'intégration architecturale, ou comment faire joli pour mieux vendre

Autre tendance 2026 : la "meilleure intégration" des panneaux solaires. Plus seulement sur les toits, mais aussi sur les parkings, les façades, intégrés aux toitures. On ne pose plus les panneaux, on les "intègre". Comme si le vocabulaire changeait quoi que ce soit au fond du problème.

Cette intégration, c'est juste du marketing. Une façon de rendre les panneaux plus acceptables esthétiquement, pour que les riverains râlent moins, pour que les urbanistes soient contents, pour que tout le monde puisse se donner bonne conscience sans remettre en question notre modèle de consommation.

La mélancolie des promesses technologiques

Il y a quelque chose de profondément mélancolique dans ces annonces de début d'année. Cette énième promesse que "cette fois-ci, ce sera différent". Cette foi aveugle dans la technologie pour résoudre des problèmes qui sont fondamentalement sociaux, économiques, politiques.

Parce que la vraie question n'est pas : comment produire plus d'énergie solaire ?

La vraie question est : pourquoi avons-nous besoin de tant d'énergie ?

Mais ça, personne ne veut l'entendre. C'est tellement plus simple de croire aux miracles technologiques. Aux cellules pérovskites. Aux batteries fer-air. À l'autoconsommation miraculeuse.

L'authenticité de la remise en question

Je ne dis pas que le photovoltaïque est inutile. Je dis qu'il ne nous sauvera pas. Je dis qu'on ne peut pas construire un avenir durable sur l'illusion du progrès technologique infini. Je dis qu'il faut être lucide sur les limites, les contradictions, les hypocrisies de cette transition énergétique qui se cherche une nouvelle innocence chaque année.

2026 ne sera pas l'année de la révolution photovoltaïque. Ce sera juste une année de plus dans cette longue marche vers... quoi, exactement ? On ne le sait pas vraiment. Mais on continue d'avancer, de produire, de consommer, d'innover. Parce qu'on ne sait pas faire autrement.

Et moi, je continuerai de questionner. De douter. De provoquer. Parce que c'est dans cette remise en question permanente que réside, peut-être, la seule vraie lucidité.


Sources :